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Chacune des cinq listes qui vont se présenter à ces élections municipales partielles du 16 janvier va essayer de prouver qu'elle seule est la mieux à même de construire un avenir souriant et donc apaisé pour Senlis.

Lourde tâche. Lourde responsabilité.

Espérons qu'elles sauront le faire avec le sérieux, la dignité et l'honnêteté de gens responsables et que nous seront évitées les insultes, attaques "ad hominem"  et autres vaines polémiques plus ou moins puantes.

Il semble bien que toutes les listes aient choisi cette voie d'une campagne "positive", à l'exception notable de la liste officielle de l'UMP emmenée par le trio Patria - Chardot - Bascher.

Il est vraiment stupéfiant, au sens étymologique du terme, que le suppléant d'Eric WOERTH, lui même présumé innocent de mises en causes potentiellement assez graves... se livre aux mêmes attaques à tendance calomnieuse vis à vis du Maire de Senlis, lui même présumé innocent. Comme Woerth.

Au delà de l'insanité morale de telles pratiques, cela démontre une méconnaisance totale ( et préoccupante pour des gens qui veulent administrer cette ville !)  de la réalité senlisienne. L'immense majorité des habitants de cette ville en a plus qu'assez de ces mises en causes puantes et destructrices qui font fi du travail de la justice. Justice qu'ils ont eux-mêmes, plus ou moins anonymement, saisie ! On y reviendra.

Non, Senlis ce n'est pas le ghetto décalé des malheureux et courageusement anonymes 110 et quelques signataires d'une ridicule pétition...

On attend de toutes les listes qu'elles nous disent ce qu'elles vont faire concrètement demain . Et certainement pas tout le mal qu'elles pensent de leurs concurrents.

Ce qui est en jeu, au travers de cette élection anticipée qui n'aurait jamais dû avoir lieu,  c'est l'honneur de Senlis et son futur développement  face à un pôle Chantily - Gouvieux qui fait ses chous gras de la zizanie entretenue depuis 2008 à Senlis. Il y a encore peu, Senlis avait un député titulaire et une conseillère régionale. Aujourd'hui, le député est à Chantilly, la conseillère régionale à Gouvieux. Pas de quoi être fier... Au fait... les patrons locaux de l'UMP, (dont l'extrême passivité dans un "débat" opposant pourtant des adhérents revendiqués de l'UMP interpelle...) ne seraient-ils pas eux-mêmes des élus municipaux de Chantilly et de Gouvieux ? Etrange... Bitrange, même.

Allez... venons-en à chacune des listes en présence, par ordre alphabétique du nom de leurs capitaines... C'est plus sérieux.

Jean-Christophe CANTER

Les élections anticipées ont été "décidées" par le préfet parce qu'une coalition d'intérêts divergents est devenue majoritaire au sein du conseil municipal. Elu en 2008 et arguant de cette légitimité, Jean Christophe Canter demande logiquement que cette élection soit confirmée. Il a constitué à cet effet une liste avec ceux qui lui sont restés fidèles et quelques autres.

Il est certain que nous n'en serions aujourd'hui pas là si JCC avait su maîtriser sa victoire de 2008 et éviter cette "chasse aux sorcières" qu'il a cru devoir mener (j'en sais quelque chose...), attitude stérile et immature. Il semble volontiers le reconnaïtre aujourd'hui et on lui en donne acte, mais les conséquences demeurent.

Mis en examen à la suite de dénonciations anonymes déshonorantes pour leurs "courageux" auteurs, il est en principe présumé innocent. Mais la présomption d'innocence n'est pas une vertu bien  pratiquée dans ce pays où toute rumeur fait naître le soupçon irrationnel du "il n'y a pas de fumée sans feu".

Eric Woerth en sait maintenant quelque chose et cela devrait l'inciter à la plus grande prudence dans la façon dont il intervient dans la vie senlisienne en sa qualité de "patron" départemental de l'UMP.

Jean Christophe Canter aura beau jeu au cours de cette campagne de pointer du doigt la division bien réelle de ceux qui se sont temporairement coalisés pour le faire tomber à terre. Quatre listes veulent le remplacer. Sans compter ceux qui ne se sont pas présentés, soit parce qu'ils ne l'ont pas voulu, comme Bernard Mouly, soit parce qu'ils ont constaté qu'ils ne représentaient vraiment rien à Senlis comme Théry et Doucède...

Cette situation de "victime" d'une coalition hétéroclite unie par la seule soif de le démolir devrait lui assurer au premier tour d'arriver en tête du scrutin. Ce sera une autre histoire pour un second tour, triangulé ou pas... 

Pascale LOISELEUR

A priori, rien ne prédisposait Pascale Loiseleur et Véronique Pruvost-Bitar à se lancer dans cette aventure de constituer une liste. Elles l'ont fait parce que leur ancien chef de file en 2008, Christian Patria, a préféré s'allier avec un groupe de "dissidents" de la liste Canter  plutôt que de rester fidèle à ceux qui l'avaient accompagné.

Quant à leur "chef de file" durant les deux ans et demi de mandat écoulé, Jérôme Bascher, il semble avoir accepté le marché de dupes de renoncer à conduire la liste des municipales en échange d'une investiture aux élections cantonales. Petite manoeuvre politicienne qui devrait définitivement mettre fin à son espoir de carrière politique parce qu'il sera bien évidemment battu aux cantonales et qu'il aura sabordé son avenir municipal. De la belle ouvrage ! 

Il est tout à fait remarquable que Pascale Loiseleur et Véronique Pruvost Bitar aient pu réunir tant de compétences en si peu de temps pour constituer leur liste. Preuve s'il en est du rejet massif par une majorité de senlisiens de la "stratégie" d'union des haines de Christian Patria.

Il est aujourd'hui certain que cette liste peut faire un bon score, voire arriver devant la liste Patria, ce qui serait justice. Encore faut-il qu'elle sache éviter quelques écueils, comme un excès de revendication de "senlisiannité ancienne" ou un formalisme critique qui n'intéresse que très peu les habitants de cette ville.

Cette liste se présente sous le signe d'une ville apaisée. Pour ne pas décevoir les espoirs qu'elle sucite auprès d'une partie non négligeable de la population, elle doit confirmer cette intention en menant, d'abord,  une campagne apaisée. 

Jean Marie MARIANI

Chacun sait que je suis assez peu socialiste... Mais si je combats certaines idées, parce que je les juges inadaptées au bien de mon  pays, j'essaye de toujours respecter la personne de ceux qui portent ces idées. Cela me donne au moins une bonne raison de respecter Jean-Marie Mariani... mais il y en a aussi bien d'autres liées, notamment, à la cohérence de son comportement.

Il doit bien se marrer, avec ses "camarades", le cher Mariani de voir s'agiter une droite senlisienne aussi stupide pour s'étriper sans vergogne sur la place publique et faire le bonheur des éditeurs de presse locaux !  Cela lui ouvre un boulevard dans une ville habituée à voter à plus de 75% à droite.

Abstention d'écoeurement des électeurs traditionnels de la dite droite aidant, il devrait avec sa liste faire un score remarquable, le plaçant sans doute en deuxième position, ce que le plus optimiste des socialistes n'aurait jamais pu imaginer dans ses rêves les plus fous ... d'autant que le programme qu'il propose n'est pas stupide et qu'il se garde bien, lui, de participer au jeu de massacre.

Il sera en plus candidat aux cantonales de mars. Et là, même à son corps défendant, il a de fortes chances de devenir conseiller général du canton de Senlis profitant de l'inexplicable renoncement de Christian Patria. Il pourra alors envoyer une superbe couronne de fleurs aux stratèges locaux de l'UMP qui n'ont raté aucune des âneries qu'il était potentiellement permis d'accomplir à Senlis !

Christian PATRIA

Comment peut-on ainsi déployer tant de moyens et d'énergie pour prendre une nouvelle mémorable et définitive déculottée ?

J'ai longtemps eu beaucoup d'estime et même d'affection pour Christian Patria. Mais le temps passant, je m'interroge sur sa responsabilité dans la crise qui secoue Senlis. Je crains fort, en particulier, qu'il n'ait assez largement inspiré la dissidence de certains en échanges de promesses qui le contraignent aujourd'hui à se détacher de ceux qui l'ont toujours soutenu.

Dès les élections de 2008, j'avais pensé, malgré ou à cause de cette estime que j'avais pour lui, qu'il nétait pas le meilleur candidat pour conduire la liste municipale. Confronté au cumul des mandats, il avait en effet commis la faute majeure d'avoir choisi de démissionner du poste de premier adjoint que lui avait confié Arthur Dehaine, dans une perspective de succession organisée. J'avais désapprouvé ce choix et Jérôme Bascher doit se souvenir que je l'avais alors (déjà !) encouragé à prendre la tête de la future liste qui serait investie par les partis de droite pour les municipales. Il n'en a rien fait,

Christian Patria a voulu conduire cette liste sans proposer de compromis préalable acceptable à Jean Christophe Canter. Trop sur de lui et certainement très mal conseillé ( comme aujourd'hui...), il n'a pas constitué la meilleure liste possible et n'a pas mené la meilleure campagne de terrain. De façon, hélas, trop prévisible, il a été battu au premier tour et a pris le risque suicidaire de se maintenir au second tour plutôt que de rechercher à nouveau un compromis avec l'autre liste, arrivée devant lui, quitte à devoir lui même s'effacer. La passion l'avait déjà emporté sur la raison...

N'ayant pas souhaité rester simple conseiller municipal "d'opposition", Christian Patria a démissionné dès après l'élection, confiant à Jérôme Bascher le soin  d'animer le groupe issu de sa liste qui avait été élu. On aurait pu penser qu'il lui confiait ainsi les clefs d'une future candidature aux municipales.

Aujourd'hui, les mêmes erreurs vont produire les mêmes effets.

Christian Patria a perdu toute chance de devenir Maire de Senlis quand il a choisi, il y a déjà pas mal de temps, de quitter ses fonctions de Premier Adjoint d'Arthur Dehaine. Le drame, c'est qu'il ne l'a pas compris et qu'il ne veut écouter que les avis, pas toujours très objectifs ni réellement amicaux,  qui le confortent dans cette voie sans issue. Au risque de compromettre l'avenir de ceux qui lui font confiance. Ou, tout simplement, de les abandonner au bord du chemin au gré d'improbables manoeuvres politiciennes qui le font aujourd'hui s'allier avec des gens qui, non seulement ne lui apportent rien parce qu'ils ne représentent rien à Senlis, mais dont la seule présence va lui faire perdre sa crédibilité et un maximum de suffrages parce que cette présence est immorale et jugée comme telle.

Aveuglé par sa passion anti cantérienne et l'illusion de stratégies politiciennes relevant des "coups tordus", il conduit une liste présentée comme "fédérant des énergies positives" (sic!). Mais elle n'est que "l'union de toutes les haines" et de toutes les frustrations au sein de laquelle se sont égarés quelques braves gens qui vont très vite comprendre à quel point ils se sont fourvoyés.

Christian Patria a voulu bâtir une stratégie sur des trahisons qu'il a peut-être sollicitées. Erreur fatale. Bâtir sur la trahison, c'est bâtir sur des sables mouvants et s'exposer certainement à être trahi à son tour. La fin ne justifie pas l'emploi de n'importe quel moyen. Surtout quand l'enjeu est l'honneur d'une ville et de ses habitants.

Cette nouvelle liste Patria sera donc très probablement sévèrement battue.

Elle est en quelque sorte "programmée" pour cette défaite. Et cela m'attriste un peu car, si sa stratégie est détestable et ses alliances immorales, je reste persuadé que Christian Patria aurait pu faire un bon Maire de Senlis. Mais cela relève aujourd'hui des illusions passées et de ces déceptions que nous réserve souvent la vie quand la passion se substitue à la raison. Dommage. 

Bernard ZANZOURI

Bernard Zanzouri est l'un des rares élus qui a tenté d'éviter le désastre qui conduit à ces élections anticipées en proposant des solutions de compromis pour terminer dignement le mandat municipal. La violence des passions des uns et des autres a eu raison de sa volonté de conciliation et il a fini par se résoudre à participer, lui aussi, à ces nouvelles élections.

Sa forte implantation dans les quartiers liée aux actions qu'il y a mené en tant qu'adjoint au maire, un charisme personnel certain, lui ont permis de constituer dans l'urgence une liste qu'il a fort opportunément décidé de conduire lui-même.

Cette liste est sans doute la grande inconnue de ces élections. Elle se place en position d'outsider "placé" d'autant plus crédible qu'elle saura rester force de proposition constructive et qu'elle évitera l'écueil des polémiques.

Son bon score probable lui commande de bien préparer dès à présent sa stratégie de second tour...

Ceux qui ne "partent" pas...

Bernard MOULY a été le premier à se retirer du Conseil Municipal quand il a constaté que ses efforts de conciliation dans l'intérêt de Senlis se heurtaient au mur des haines et des passions. Il a choisi la dignité et s'est installé dans une attitude d'observateur et de commentateur pertinent au travers de son blog (qui est référencé ici sur la colonne de droite, tant je partage l'essentiel de ses analyses).

Il va se lancer en mars  dans l'aventure des cantonales. Un challenge difficile. Mais il ne manque ni de courage ni de détermination.

Marc DOUCEDE et Jean Pierre THERY, les deux ex-premiers adjoints de JCC, ont fait l'amère expérience de leur totale absence de représentativité à Senlis. Voulant jouer les fédérateurs, ils se sont retrouvés nus et seuls à la réunion qu'ils avaient "convoqué" avec tambours et trompettes.

Cette petite cure de modestie et de réalisme devrait leur faire le plus grand bien... ce dont leurs proches se réjouiront sans nul doute ! A toute chose, malheur est bon. 

A bientôt pour des analyses plus "ciblées", notamment quant à la genèse de cette situation...